« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

01 juillet 2015

Haec dies quam fecit Dominus ! (2)



La date de la fête de Pâques est un exemple typique de tradition ecclésiastique, inséparable de la Tradition, et qui participe de son immutabilité. De l’histoire de cette institution, qui est passée par de nombreuses péripéties, nous ne retiendrons que ce qui est théologiquement significatif.

Son principe fondateur se trouve dans le Christ lui-même : le fait historique de sa Résurrection. Celle-ci a eu lieu le premier jour de la semaine suivant la Pâque juive (le 14 Nizan du calendrier juif, conformément à la Loi promulguée par Moïse), jour qui fut appelé en conséquence par les chrétiens le ‘jour du Seigneur’ : dominica dies [6].

Or la célébration de la Résurrection du Christ n’est pas un simple anniversaire, à la manière des solennités politiques, mais une commémoration sacramentelle, la présence et l’actualisation du mystère du Salut, dont la Pâque juive était la préfiguration. C’est pourquoi l’Église célébra la fête de Pâques non pas à la date anniversaire au calendrier solaire, mais selon le comput hérité de l’Ancien Testament, à savoir selon le calendrier lunaire [7], la date étant calculée selon le calendrier julien - remontant à Jules César -, le calendrier alors universellement en usage dans l’empire romain.

L’Histoire Ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée indique qu’il en était ainsi à Rome sous le pontificat de Sixte Ier en l’an 120. Les Églises d’Asie Mineure conservaient toutefois la célébration au 14 Nizan du calendrier juif. Le Pape Anicet et saint Polycarpe conférèrent de cet usage dit ‘quartodéciman’ en 155, sans que la bonne entente en fut altérée. Mais le pape saint Victor (189-199) ne l’entendit pas ainsi. Il fit réunir des synodes en Orient et en Occident. Les Églises d’Asie s’obstinant, Victor les menaça d’excommunication, et saint Irénée intervint pour éviter cette mesure extrême. Nous ignorons ce qu’il advint par la suite, mais au siècle suivant l’usage quartodéciman avait disparu. Dès le 3e siècle, donc, la tradition était universelle : le jour de Pâque était le dimanche suivant la pleine lune équinoxiale de printemps.