« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

31 octobre 2016

VIGILE DE LA TOUSSAINT


La solennité de tous les saints est une occasion propice pour élever notre regard au-dessus des réalités terrestres, rythmées par le temps, vers la dimension de l’éternité et de la sainteté.

La liturgie nous rappelle aujourd’hui que la sainteté est la vocation originelle de chaque baptisé. En effet, le Christ, qui avec le Père et l’Esprit est le seul SAINT, a aimé l’Église comme son épouse et s’est donné lui-même pour elle, dans le but de la sanctifier. C’est pour cette raison que tous les membres de l'Église sont appelés à devenir saints, selon l’affirmation de l’apôtre Paul :
« Voici quelle est la volonté de Dieu : votre sanctification » (1 Th 4, 3).

Nous sommes donc invités à regarder l’Église non plus seulement dans son aspect uniquement temporel et humain, marqué par la fragilité et la faiblesse, mais telle que le Christ l’a voulue, c’est-à-dire une « communion des saints ».
Dans le Credo, nous professons l’Église « sainte », sainte en tant que Corps mystique du Christ, en tant que cité ou famille des saints, à la protection desquels nous avons été confiés le jour de notre baptême.

Aujourd’hui, nous vénérons précisément cette innombrable communauté de tous les saints, qui, à travers leurs vies très différentes , nous indiquent aussi différentes voies de sainteté, réunies par un unique idéal : suivre le Christ et se conformer à Lui, but ultime de notre existence humaine. En effet, tous les états de vie peuvent devenir, avec l’action de la grâce et avec l’engagement et la persévérance de chacun, des voies de sanctification.




« Préparons nos âmes aux grâces que le ciel s'apprête à verser sur la terre, en retour des hommages de celle-ci. Telle sera demain l'allégresse de l’Église, qu'elle semblera déjà se croire en possession de l'éternité. Aujourd'hui pourtant, c'est sous les livrées de la pénitence qu'elle se montre à nos yeux, confessant bien qu'elle n'est qu'une exilée (Hb 11, 13).
Avec elle, jeûnons et prions. Nous aussi, que sommes-nous que des voyageurs, en ce monde où tout passe et se hâte de mourir ? D'années en années, la solennité qui va s'ouvrir compte parmi nos compagnons d'autrefois des élus nouveaux qui bénissent nos pleurs et sourient à nos chants d'espérance. D'années en années, le terme se rapproche où nous-mêmes, admis à la fête des cieux, recevrons l'hommage de ceux qui nous suivent, et leur tendrons la main pour les aider à nous rejoindre au pays du bonheur sans fin. Sachons, dès cette heure, affranchir nos âmes; gardons nos cœurs libres, au sein des vaines sollicitudes, des plaisirs faux d'une terre étrangère : il n'est pour l'exilé d'autre souci que celui de son bannissement, d'autre joie que celle où il trouve l'avant-goût de la patrie. »
(Dom Guéranger, L'Année liturgique)


"Le Seigneur a magnifiquement glorifié ses saints
et il les exauce quand ils crient vers lui."
La Vigile d’une fête est une nuit de veille et un jour de pénitence et de purification : une purification de la demeure de l’âme pour la grande fête. Les vigiles sont des jours tout indiqués pour la confession. Précisément la vigile d’aujourd’hui a un caractère plus strict aux yeux du peuple à cause du jeûne. Si nous voulions attribuer à la vigile d’aujourd’hui une formule liturgique, nous choisirions probablement la première partie du Confiteor : En présence du chœur de tous les saints, je confesse mes péchés !

La messe se distingue de celle de la fête par les textes, mais non par les pensées. Les chants glorifient la joie et le triomphe des saints dans le ciel comme la récompense de leurs souffrances sur la terre (les textes font penser surtout aux martyrs). C’est une image sublime que saint Jean esquisse dans son Apocalypse : nous entendons chanter dans le ciel l’éternelle liturgie devant le trône de l’Agneau :
“Vous avez, par votre sang, racheté pour Dieu des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation, et vous les avez faits rois et prêtres pour notre Dieu.”
À l’Évangile, le Seigneur proclame les quatre béatitudes (selon saint Luc) par lesquelles Il nous trace la voie de la sainteté. L’Évangile est aussi une belle image de la messe : “Jésus descend”, au Saint-Sacrifice, “de la montagne” ; la troupe de ses disciples vient à sa rencontre et il les guérit tous.
C’est à nous que cela s’applique.

(D'après Dom Pius Parsch)