« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

26 novembre 2016

ADVENTUS 1)

On appelle Avent ou Adventus le temps de préparation à la fête de la Nativité. Nous n’avons pas de documents précis sur l’institution de ce temps. Il est probable qu’il fut mis en place à partir du Ve siècle, à l’époque des grandes hérésies christologiques et des célèbres homélies de saint Pierre Chrysologue sur le mystère de l’Incarnation et de l’Annonciation.

Comme le Carême, ce Temps de préparation est spécialement marqué par la prière et la pénitence ; les premières institutions se trouvent dans les Églises franques qui commençaient dès après la fête de saint Martin (11 novembre). Saint Grégoire le Grand en avait fixé la durée à cinq semaines. Les sacramentaires gélasiens et grégoriens comptent effectivement cinq semaines, l’Église Ambrosienne (diocèse de Milan) six, l’Église romaine actuellement quatre, la dernière étant la plupart du temps tronquée, car la fête de Noël peut arriver un jour quelconque de la semaine.




La Liturgie de l’Avent ne comporte pas de cérémonie spéciale mais elle est particulièrement riche en doctrine, en poésie et en musique. Chaque semaine de l’Avent a des antiennes propres que l’on chante aux Laudes et Vêpres du dimanche et aux ‘petites heures’ de la semaine. Les antiennes à Benedictus et Magnificat varient chaque jour. Les Évangiles des quatre dimanches sont ceux de l’avènement ultime du Christ (1er dimanche, Lc 21,25-33) et de l’annonce de saint Jean-Baptiste (2e dimanche, Mt 11,2-10 ; 3e dimanche, Jn 1,19-28 ; 4e dimanche Lc 3,1-6), mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Au moins jusqu’au Xe siècle, l’évangile du 1er dimanche était celui de l’entrée du Christ à Jérusalem, épisode qui fait partie de son avènement historique et signifie son avènement dans l’Église. C’est pour ce premier dimanche qu’a été composée la séquence Dies irae, transposée par la suite à la Liturgie des défunts.

Le troisième dimanche était considéré comme une grande fête à Rome ; on y chantait le Gloria, il y avait une vigile et des Laudes solennelles. Ce caractère festif est demeuré. Le mercredi et le vendredi qui suivent sont des Quatre-Temps ; on y célèbre les mystères de l’Annonciation et de la Visitation. C’est à cette occasion que saint Bernard a composé ses célèbres homélies sur l’Annonciation (homélies dites Super Missus est). La messe du samedi des Quatre-Temps, avec ses six lectures (outre l’évangile) est une messe de vigile tenant lieu de messe dominicale.

Les vêpres des neuf jours précédant la vigile de Noël sont solennisées par les antiennes à Magnificat qui commencent par l’exclamation admirative 'O' et sont acrostiches sur la deuxième lettre. En lecture inversée cela donne Ero cras : je serai [là demain].

O Sapientia… génération du Christ dans l’éternité

O Adonai…
O Radix Iesse…
O Clavis David…
venue du Christ dans l’Ancien Testament

O Oriens…venue du Christ pour la nature, toute la Création
O Rex gentium…venue du Christ pour les païens
O Emmanuel…venue du Christ pour nous