« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

17 décembre 2016

ADVENTUS 3)


Rupert de Deutz, Livre des divins offices, III

« Le temps qui précède la célébration de la naissance du Seigneur est appelé Avent, parce que tout l’ordre liturgique y est disposé comme une contemplation de l’avènement du Sauveur. On doit dire en effet que le Seigneur vient - lui qui est présent partout en son invisible majesté - lorsqu’il se montre visible aux yeux de chair, ayant assumé notre nature visible.

C’est ce qui s’est accompli lorsque le Verbe s’est fait chair, pour habiter visiblement parmi nous, lui par qui a été fait tout ce qui était dans le monde, et par qui le monde a été fait, mais que le monde n’a pas connu. Il en sera de même lorsque apparaîtra celui qui siège actuellement à la droite de Dieu, bien qu’il soit avec nous jusqu’à la fin du monde ; sans rien assumer d’autre, il nous montrera ce qu’il a assumé une fois pour toutes, comme lui-même l’a dit : Nous verrons le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel, en toute puissance et majesté. Ce temps donc, qui précède la commémoration de la naissance du Sauveur, est appelé Avent, car de ces événements l’un est commémoré comme passé et l’autre comme à venir.




Le premier dimanche, on commémore le premier avènement déjà passé, mais comme [s’il était] futur, en la personne de l’ancienne Église [l’Église de l’Ancien Testament].

Le deuxième et le troisième dimanche, le second avènement est déjà présent à ceux qui l’attendent et le désirent, et il est annoncé par les trompettes des prophètes et des apôtres. C’est du reste pourquoi le second avènement est proclamé en deux dimanches : seule a attendu le premier avènement promis l’Église qui a précédé l’Incarnation du Seigneur, tandis que le second est attendu tant par l’Église qui a précédé que par celle qui a suivi, l’une instruite seulement par la prédication des prophètes, l’autre instruite par celles des prophètes et des apôtres. C’est pourquoi au second dimanche c’est la parole des prophètes qui retentit : ‘Peuple de Sion’. [Introït du 2e dimanche - Is 30, 30] Au troisième dimanche c’est celle de l’apôtre : ‘Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur’. [Introït du 3e dimanche - Ph 4, 4-6]

Le quatrième dimanche, qui est le dernier, regarde vers le jour de la naissance du Seigneur et commémore ce temps où, porté dans le sein de la Vierge, le Seigneur était proche, temps au cours duquel la divinité liait la courroie de chaussure de son Incarnation, celle-là même que, dans l’Évangile de ce dimanche, Jean proclame ne pas être digne de délier. »

Note : Cette dernière pensée réclame une explication. Dans l’évangile du 3e dimanche de l’Avent, qui était celui du 4e du temps de Rupert, saint Jean-Baptiste déclare ne pas être digne de délier la courroie de la sandale du Christ. Cela signifie que le mystère de l’Incarnation est impénétrable. Sur les icônes, on représente l’enfant Jésus avec une sandale suspendue par une seule courroie. Le Christ cachait sa divinité, dès le sein de la Vierge, sous son humanité.