« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

10 janvier 2017

ÉPIPHANIE II

La fête de l’Épiphanie a été développée par une octave plus solennelle que celle de Noël, avec des antiennes propres. Le jour même du 6 janvier étant consacré en Occident plus spécialement à l’adoration des mages, le jour octave (13 janvier) a été dédié au baptême du Christ, et le dimanche suivant à la commémoration du miracle de Cana.

Les hymnes de l’office ont été choisies parmi les œuvres des poètes de la fin de l’antiquité chrétienne. L’hymne des Vêpres a pour auteur Sedulius (Ve siècle) et réunit les trois événements célébrés en ce jour :

Hérode, ennemi impie, pourquoi
Craindre la venue du Christ ?
Loin de ravir les royaumes mortels,
Il vient offrir ceux du ciel.

Les Mages allaient, guidés
Par l’étoile qu’ils avaient vue :
À sa lumière ils cherchent la lumière ;
Par leurs présents ils confessent Dieu.

Dans le fleuve aux eaux limpides
L’Agneau céleste est descendu :
Des péchés qu’il n’a point commis
Par ce baptême il nous délivre.

Puissance d’un genre inconnu !
L’eau rougit dans les urnes :
En flots de vin la fait couler
Un mot qui change sa nature.
Gloire à vous, Seigneur
Qui vous êtes manifesté en ce jour,
Comme au Père et à l’Esprit Saint,
pour les siècles éternels. Amen.



* * *


L’hymne des Laudes est tirée du Cathemerinon de Prudence (+410) et donne le symbolisme des présents des Mages, conformément à la doctrine des Pères :

Les mages sur une mosaïque de Ravenne
6e siècle
O Bethléem, la plus grande des villes,
À qui seule a été donné
De donner le jour au Roi du ciel
Venu s’incarner pour nous sauver.

Cette étoile, qui l’emporte sur le soleil,
Par la splendeur et la beauté,
Annonce qu’est venu sur terre
Dieu vêtu d’un corps terrestre.

Les Mages, après l’avoir vu,
Présentent les trésors de l’Orient :
Et prosternés, ils offrent
L’encens, la myrrhe et l’or royal.

C’est le Roi et le Dieu qu’annoncent
Le trésor et l’odeur parfumée
De l’encens de Saba ; la poudre
De myrrhe déjà prédit le tombeau.

Gloire à vous, Seigneur
Qui vous êtes manifesté en ce jour,
Comme au Père et à l’Esprit Saint,
pour les siècles éternels. Amen.