« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

30 janvier 2017

La CHANDELEUR

L’origine de la fête

L’évangéliste saint Luc rapporte que Marie et Joseph présentèrent l’enfant Jésus au temple, conformément à la loi de Moïse qui prescrivait l’offrande à Dieu de tous les premiers nés, en mémoire de la libération d’Égypte. Celle-ci s’était effectuée à la faveur d’un terrible châtiment divin, la mort des premiers-nés des Égyptiens, mais dont les enfants hébreux avaient été protégés :
« Comme Pharaon s’obstinait à ne point nous laisser aller, Dieu fit mourir tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, depuis les premiers-nés des hommes jusqu’aux premiers-nés des animaux. Voilà pourquoi j’offre en sacrifice à Dieu tout mâle premier-né des animaux, et je rachète tout premier-né de mes fils. Ce sera comme un signe sur ma main et comme des fronteaux entre mes yeux ; car c’est par la puissance de sa main que Dieu nous a fait sortir d’Égypte. » (Ex 13,15-16)
En mémoire et en action de grâce de ce fait, les premiers nés des hébreux, tant les hommes que les animaux, étaient donc consacrés à Dieu. Les animaux devaient être mis à mort et offerts en sacrifice ; les premiers-nés des hommes devaient être rachetés, et on offrait à leur place un sacrifice de petits animaux. Jésus-Christ était le premier né de Joseph et de Marie : il devait donc être présenté au temple et racheté.
Cet événement eut lieu quarante jours après la naissance de Jésus, puisqu’il coïncida avec la purification de la Vierge, prescrite aussi par la Loi en ces termes :
« Quand une femme enfantera et mettra au monde un garçon, elle sera impure pendant sept jours ; elle sera impure comme aux jours de son indisposition menstruelle. […] Elle restera encore trente-trois jours dans le sang de sa purification […] Lorsque les jours de sa purification seront accomplis, pour un fils ou une fille, elle présentera au prêtre, à l'entrée du tabernacle, un agneau d'un an en holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle en sacrifice expiatoire. […] Si elle n'a pas de quoi se procurer un agneau, qu'elle prenne deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l'un pour l'holocauste, l'autre pour le sacrifice expiatoire ; et le prêtre fera pour elle l'expiation, et elle sera pure. » (Lv 12,2-8)

Pour commémorer ce mystère, l’Église a institué une fête, quarante jours après la célébration de la Nativité du Sauveur, le 2 février. Cette fête est aussi la clôture du temps liturgique de Noël, qui comporte quarante jours, comme le Carême et le temps qui sépare Pâques de l’Ascension. L’histoire de cette institution est un bel exemple de développement liturgique : inspirée par le Saint-Esprit, l’Église développe les cérémonies et leur symbolisme pour expliciter les mystères qu’elle célèbre.
Une fête de la Présentation du Christ au temple existait déjà à Jérusalem à la fin du IVe siècle d’après les récits de la pèlerine Égérie [1]. L’empereur Justinien l’introduisit à Constantinople en 542 sous le nom d’Hypapante, et de là cette fête s’étendit à Rome, mais sans solennité particulière ni procession. À la fin du VIIe siècle le Pape grec Serge Ier en accrut la solennité et la fit précéder d’une procession à caractère pénitentiel vers l’illustre basilique de Sainte-Marie-Majeure, comme pour les plus importantes fêtes de la sainte Vierge (Annonciation, Assomption, Nativité). En cette procession le clergé célébrant portait des ornements noirs, puis violets - de là vient qu’en 1962 les ornements de la procession étaient encore violets - ce qui était quelque peu contradictoire avec une célébration mariale. C’est dans l’Église latine que la fête acquit peu à peu son aspect spécial de ‘Purification de Sainte Marie’, comme l’appellent beaucoup de manuscrits anciens.. La procession ayant lieu au petit jour, on s’éclairait par des flambeaux, sans leur attribuer d’abord de signification particulière. C’est en Gaule que ces flambeaux furent remplacés par des cierges que l’on bénissait auparavant. Cette coutume fut assumée par Rome dès le siècle suivant [2].

L’origine de notre ‘Chandeleur’ n’a donc rien à voir avec les fêtes païennes des lupercales ou des ambarvales qui avaient lieu à des dates différentes, contrairement à une opinion ancienne déjà soutenue par saint Bède le Vénérable [3]. Il ne s’agit pas d’une fête païenne christianisée, mais bien d’une fête spécifiquement chrétienne.



La Présentation et la Rencontre

La présentation de l’Enfant-Jésus au temple achève le mystère de son Incarnation et de sa Nativité en l’orientant vers l’offrande de son sacrifice. En tant que fête du Seigneur, cette célébration est donc particulièrement bien placée dans le prolongement de l’Épiphanie, comme couronnement du cycle de Noël. Cette présentation au Temple n’avait pas lieu d’être pour Jésus-Christ, puisqu’il était déjà consacré à Dieu par l’union hypostatique - l’union de l’humanité à la divine Personne du Verbe -, et n’avait besoin ni d’être offert, ni d’être racheté. Mais comme il a voulu prendre sur lui nos péchés et vivre comme tous les hommes, il a voulu aussi être présenté au temple et racheté, de même qu’il a voulu être circoncis et qu’il sera baptisé par saint Jean-Baptiste. Il est fils de Marie, fils d’Israël, fils d’une humanité pécheresse, fils d’Adam, dont il prend sur lui les conséquences du péché (Hb 4,15).
Mais alors, comme pour le Baptême du Jourdain, la cérémonie prend une autre signification :
« Le Christ, qui était la vraie victime, a voulu que les victimes prescrites par la loi fussent offertes à sa place, afin que la figure se joignît à la réalité. » (Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, III 37, a3, ad3)
Le sacrifice d’animaux annonce le sacrifice du Christ. Jésus-Christ est le premier-né sacrifié pour tous les hommes. Il ne sera pas racheté, mais c’est lui qui rachètera les hommes par son sacrifice de la Croix. La présentation au temple est donc le prélude du sacrifice de la Croix. Jésus-Christ est présenté au temple pour être sacrifié et il le sera effectivement, quelques trente ans plus tard.
Cet avènement du Christ dans son temple comble l’attente de l’Ancien Testament et répond définitivement à la question d’Isaac à Abraham : Dieu avait enjoint à ce dernier de sacrifier son fils, qui l’avait alors interrogé : « Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? » Abraham avait répondu : « Dieu verra à trouver l’agneau pour l’holocauste ». Ayant levé les yeux, il aperçu alors derrière lui un bélier pris dans un buisson par les cornes ; il s’en alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils (Gn 22). Cependant, la vraie réponse à la question d’Isaac, c’est saint Jean-Baptiste qui la donnera :
« Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. » (Jn 1,29).
Avant même cette parole de Jean-Baptiste, Jésus-Christ est présenté au temple. Par les mains de la Vierge il est offert et il vient s’offrir comme victime d’un sacrifice à Jérusalem. Toute la vie du Christ - et cela apparaît particulièrement dans l’évangile selon saint Luc - est une montée à Jérusalem pour le sacrifice (cf. Lc 9,51). Il y est accueilli par deux saints personnages, Siméon et Anne, qui sont encore de l’Ancien Testament. Avec le véritable l’esprit de l’ancienne alliance, ils attendaient le Messie et le salut du monde. En eux, c’est l’Église de l’Ancien Testament qui reçoit son Sauveur, et qui devient celle du Nouveau Testament. Siméon le reçoit explicitement comme Sauveur du monde :
« Lumen ad revelationem gentium - Lumière pour éclairer les nations ».
Ces paroles de Syméon sont chantées pendant la distribution des cierges.



Le Temple de Jérusalem étant la figure de l’Église, à l’offrande du Christ se joint sa rencontre avec son Église, d’où le nom que porte cette fête en Orient : Ὑπαπαντή - Hypapante, c'est-à-dire ‘rencontre’. C’est ce que chante l’invitatoire des Vigiles :
Ecce venit ad templum sanctum suum Dominator Dominus : Gaude et laetare Sion, occurrens Deo tuo. « Voici que vient dans son temple saint le souverain Seigneur : Réjouis-toi et exulte, Sion, en venant à la rencontre de ton Dieu. »
La procession symbolise l’Église marchant à la rencontre de son Époux. C’est ce qui est exprimé par le répons Adorna qui était chanté en latin et en grec. À Rome en effet, au VIIIe siècle, la population comportait une double nationalité : romaine et byzantine ; les chantres chargés d’introduire la fête orientale dans la capitale latine s’emparèrent donc des textes grecs, les traduisirent et les adaptèrent aux mélodies romaines. Ainsi on recomposa la plupart des pièces, puis on les exécuta alternativement dans les deux langues, incise par incise. Nous ne donnerons ici que la version latine de l’Adorna, suivie d’une traduction sur l’original ; mais en fait, un coup d’œil sur le texte grec est indispensable pour comprendre correctement et dans toute son ampleur la richesse spirituelle de cette antienne :

Adorna thalamum tuum, Sion,
et suscipe Regem Christum :
Amplectere Mariam, quæ est cælestis Porta :
Ipsa enim portat Regem gloriæ novi luminis :
novo lumine subsistit Virgo,
adducens manibus Filium ante Luciferum :
Quem accipiens Symeon in ulnas suas
prædicavit populis Dominum eum esse
vitæ et mortis, et Salvatorem mundi.

(Ed. Vaticane, 1908)
Orne ta chambre nuptiale, Sion,
et reçoit le Christ-Roi.
Salue Marie, la Porte du Ciel.
Semblable au trône des Chérubins,
elle porte le Roi de gloire, Lumière nouvelle.
La Nuée de lumière, c’est la Vierge
qui présente dans ses mains le Fils avant l’aurore.
Siméon le reçoit dans ses bras
et annonce aux peuples que c’est Lui, le Seigneur
de la vie et de la mort, et le Sauveur du monde.

Malgré la densité théologique de ce texte, l’analyse se fait aisément : Sion, figure de l’Église et de nos âmes, est invitée à se parer pour recevoir son Époux divin. Or, c’est par Marie que le Christ pénètre dans son palais spirituel, et c’est elle qui nous le présente aujourd’hui comme le Fils par excellence, engendré de toute éternité. À son tour, saint Siméon reçoit l’enfant des mains de la Vierge-Mère, et proclame aussitôt sa divine et bienfaisante Royauté, qui opère le salut du genre humain.
Cependant, une difficulté surgit : on ne voit pas bien comment la Porte du Ciel peut porter la Lumière nouvelle… Sans même s’attarder au redoublement maladroit, en latin comme en français, du mot « porte », sans s’étonner non plus du passage brusque – fréquent dans les formules antiques – d’une image à l’autre, on s’aperçoit bien que quelque chose ne va pas. Et surtout quand on chante : la mélodie rattache trop manifestement « novi luminis » à « subsistit Virgo », et la variante attestée dans quelques anciens manuscrits (IXe siècle), « novo lumine », n’offre aucun sens satisfaisant. C’est alors que le recours au grec nous met sur la voie : la comparaison de Marie avec le Trône des Chérubins, courante dans la liturgie orientale (en italique dans notre traduction), a sans doute disparu lors du passage en Occident. Puis l’image de la Nuée lumineuse, explicite en grec, a été modifiée (à dessein ?) ou peut-être simplement mal interprétée : on l’a rapportée au Christ, alors qu’elle s’appliquait à la Vierge dans l’original.

Ainsi tout s’éclaire : Marie est évoquée d’abord, comme dans les Litanies de Lorette, sous le titre de Porte du Ciel, par allusion à la célèbre vision du Patriarche Jacob (Genèse, 28) : nul ne peut entrer dans le Ciel s’il ne passe par Marie. Car comme Dieu est descendu à nous par Marie, par elle aussi il nous faut monter à Dieu. Elle est ensuite assimilée à l’arche d’alliance surmontée de deux Chérubins d’or (Exode, 3), formant ainsi comme un trône pour Yahweh (Psaume 79). Cette dernière image n’est d’ailleurs pas sans rappeler nos Vierges romanes d’Auvergne, où Notre-Dame est représentée assise, portant sur ses genoux l’Enfant-Roi, un livre à la main : Marie, Trône de la Sagesse !
Quant à la nuée, c’est la manifestation sensible de la présence de Dieu, comme nous l’apprend la sainte Écriture (Exode, 40) :
« La nuée couvrit de son ombre le Tabernacle, et la gloire de Yahweh remplit la demeure. Et Moïse ne pouvait plus entrer dans le Tabernacle, parce que la nuée planait au-dessus, et que la gloire de Yahweh remplissait la demeure ».
Il en fut de même pour le Temple de Salomon (2 Par. 7) : la présence divine se voilait et se révélait tout à la fois. La Tradition des Pères s’est plu à y voir comme un prélude des paroles de l’Ange :
« l’Esprit-Saint viendra sur vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ».


La Purification de la Vierge

Les maîtres du Moyen-Âge, parmi lesquels saint Anselme de Cantorbéry (+1109) et saint Yves de Chartres (+1116), ont explicité le symbolisme de la procession en voyant dans la cire du cierge, produite par l’abeille, le corps né de la Vierge Marie, dans la mèche, l’âme humaine du Christ et dans la flamme sa divinité [4].
La purification de Marie, en effet, est jointe à la présentation de son Fils. À l’exemple de Jésus, Marie se soumet à cette loi mosaïque, gardant le secret de sa conception et son enfantement virginal.
« De même que la plénitude de la grâce découle du Christ sur sa mère, il convenait que la mère se modelât sur l'humilité de son fils car, dit saint Jacques (Jc 4,6), " Dieu donne sa grâce aux humbles ". C’est pourquoi, bien qu'il ne fût pas soumis à la loi, le Christ a cependant voulu subir la circoncision et les autres contraintes de la loi […] Pour la même raison, il a voulu que sa mère aussi accomplît les observances de la loi, auxquelles pourtant elle n'était pas soumise. (Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, III 37, a4)
Tout en étant une fête du Christ la Présentation est donc aussi une fête mariale. Les Vigiles sont prises de l’Office de la Vierge et les antiennes des premières Vêpres sont celles du 1er janvier qui célèbrent sa maternité divine. La séquence que le bienheureux Nokter (+912) composa pour cette fête est aussi une louange de la Vierge :

Séquence de Nokter de Saint-Gall
(PL 131, 1009 - voir la traduction)
Concentu parili hic te,
Maria, veneratur populus
Teque piis colit cordibus.

Generosi Abraham tu filia,
Veneranda regia de Davidis
Stirpe genita.

Laetare, Mater et Virgo nobilis,
Gabrielis archangelico
Quae oraculo credula
Genuisti clausa filium.

In cujus sacratissimo sanguine
Emundatur universitas
Perditissimi generis,
Ut promisit Deus Abrahae.

Te virga arida Aaron flore
Speciosa te figurat, Maria, sine
Viri semine nato floridam.

Tu, porta jugiter serata,
Quam Ezechielis vox testatur, Maria,
Soli Deo pervia esse crederis.

Sed tu tamen, matris virtutum
Dum nobis exemplum cupisti
Commendare, subisti remedium
Pollutis statutum matribus.

Ad templum detulisti tecum
Mundandum qui tibi integritatis
Decus, Deus, homo genitus
Adauxit, intacta Genitrix.

Laetare, quam Scrutator cordis
Et renum probat habitatu proprio,
Singulariter dignam, sanctam Mariam

Exsulta, cui parvus arrisit tunc,
Maria, qui laetari omnibus
Et consistere suo nutu tribuit.

Ergo, quique colimus festa
Parvuli Christi propter nos facti
Ejusque piae matris Mariae,

Si non Dei possumus tantam
Exsequi tardi, humilitatis
Forma sit nobis ejus Genitrix.

Laus Patri gloriae,
Qui suum Filium gentibus et populo
Revelans Israel nos sociat.

Laus ejus Filio, qui suo
Sanguine nos Patri concilians
Supernis sociavit civibus :
Laus quoque sancto Spiritui sit per aevum.


Ce peuple n’a qu’une voix pour te célébrer, ô Marie. Tous ces cœurs pieux te vénèrent.
De l’illustre Abraham tu es la fille, issue de la race royale et vénérable de David.
Réjouis-toi, Mère et Vierge glorieuse, qui as cru à l’oracle de l’Archange Gabriel, toujours intacte tu as enfanté un Fils ;
Dont le sang très sacré purifie la race perdue tout entière, comme Dieu l’a promis à Abraham.
C’est toi, ô Marie, que figure la verge sèche mais fleurie d’Aaron, ornée d’un enfant sans origine humaine.
Tu es la la porte toujours fermée que célèbre la voix d’Ézéchiel, ô Marie, à Dieu seul accessible.
Mais voulant nous donner un exemple digne de la mère des vertus, tu t’es soumise à l’expiation imposée aux mères souillées.
Tu a porté au Temple pour être purifié avec toi, le Dieu-Homme dont la naissance a ajouté à la beauté de ta virginité.
Réjouis-toi, ô sainte Marie, seule digne d’être la demeure de celui qui sonde les reins et les cœurs.
Exulte, ô Marie, à qui te sourit enfant, celui qui seul donne à tous les êtres de se réjouir et d’exister.
Donc, nous qui célébrons la fête du Christ, devenu Enfant pour nous, et de Marie sa tendre Mère,
si nous ne pouvons atteindre à une si profonde humilité d’un Dieu, que du moins sa Mère soit notre modèle.
Louange au Père de gloire, qui, révélant son Fils aux Gentils et à son peuple, daigne nous associer à Israël.
Louange à son Fils, qui, nous réconciliant au Père par son sang, nous associe aux habitants des cieux ; Louange aussi à l’Esprit-Saint à jamais. (Voir le texte latin)



[1] Sane quadragesimae de epiphania ualde cum summo honore hic celebrantur. Nam eadem die processio est in Anastase, et omnes procedunt et ordine suo aguntur omnia cum summa laetitia ac si per pascha. Praedicant etiam omnes presbyteri et sic episcopus semper de eo loco tractantes euangelii, ubi quadragesima die tulerunt Dominum in templo Ioseph et Maria et uiderunt eum Symeon uel Anna prophetissa, filia Fanuhel, et de uerbis eorum, quae dixerunt uiso Domino, uel de oblatione ipsa, qua optulerunt parentes. Et postmodum celebratis omnibus per ordinem, quae consuetudinis sunt, aguntur sacramenta et sic fit missa. Peregrinatio Aetheriae XXVI

[2] Dom H. Leclercq, art. Présentation, in DACL, 14,1728.

[3] Cf. Dom H. Leclercq, art. Présentation, in DACL, 14,1724-1728.

[4] In cereo quippe tria offeruntur, cera, lychnus et flamma: cera, quam apis virgo confecit, significat Christi carnem, quam virgo Maria genuit; interior autem lychnus, animam; flamma vero superior, divinitatem. Saint Anselme de Cantorbéry, Sermon 6 (PL 158, 627).

Sicut enim sanctus Simeon in manibus accepit infirmitatem, sed intus agnovit majestatem, infidelitatis nostrae tenebras interiores illustrantem: sic quisque fidelis hoc sacramentum repraesentans, ceram in manibus portat, quasi carnem fragilem, sed superferri videt lucem, exteriores hujus aeris tenebras illuminantem (Jo. IV). Sicut enim caro Christi de mundissimo et bono odore virtutum referta carne processit, et nec in concipiendo, nec in egrediendo matris integritatem violavit: sic cera quae hodie gestatur fidelium manibus, de mundis et odoriferis floribus collecta, fructus est apis, virginis videlicet animantis, cujus, sicut legitur, sexum nec masculi violant, nec fetus quassant. Saint Yves de Chartres, Sermon pour la Purification de sainte Marie (PL 162, 576).