« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

15 avril 2017

La Vigile pascale I)


LE LUCERNAIRE
Le feu nouveau
Le cierge pascal
LA GRANDE VIGILE
Les lectures
Le baptême
L’eucharistie

Voir nos autres articles sur la Semaine sainte :
Le Dimanche des Rameaux, Le Jeudi Saint, Le Vendredi Saint.


La Vigile pascale est appelée par saint Augustin la « mère de toutes Vigiles. » [1] La prière nocturne convient au plus haut point en cette nuit où nous célébrons la naissance du Seigneur à la vie glorieuse, en même temps que la renaissance de notre humanité déchue à la nouvelle vie. Depuis les origines, cette nuit rappelant la victoire de la lumière sur les ténèbres a été célébrée avec grande solennité. Dès le IIe siècle, Tertullien en parle comme d’une loi dont on ignore l’institution, et le martyr saint Justin donne une première description de cette nuit.
Il faut savoir gré au Pape Pie XII d’avoir restauré cette vigile nocturne à l’encontre de la pratique qui prévalait au cours des derniers siècles, et qui en plaçait la célébration le samedi matin. Cette pratique s’était introduite progressivement, comme pour le jeudi et le vendredi saints, dans le but de mettre fin plus tôt au jeûne. En revanche, on n’a pas tiré la conséquence de cette restauration pour le jeûne qui, lui aussi, est une pratique remontant aux origines-mêmes de l’Église…
Cette vigile comporte, en fait, deux cérémonies bien distinctes : le lucernaire ou célébration du cierge pascal, et la vigile ou “veille” proprement dite.

Illustration d'un "rouleau de l'Exultet"
ou l'on voit bien le texte chanté à l'envers.


LE LUCERNAIRE

Le feu nouveau

La cérémonie débute par la bénédiction du feu nouveau. À notre époque où allumettes et briquets nous mettent le feu à disposition en un rien de temps, et où l’énergie électrique le remplace dans la plupart des usages, nous pouvons avoir du mal à saisir le sens de cette bénédiction. Avant ces inventions, chaque maison, chaque ‘foyer’ (le mot est bien caractéristique) entretenait en permanence un feu en vue d’en pouvoir disposer à volonté pour toute nécessité domestique. La physique antique considérait le feu comme un des quatre éléments composant les corps matériels. Ses propriétés naturelles en ont fait aussitôt un symbole de la divinité et de la vie. En témoigne un texte de Denys l’Aréopagite :
« Le feu sensible est, pour ainsi dire, partout présent, il illumine tout sans se mêler à rien, et tout en en demeurant totalement séparé. Il brille d'un éclat complet et demeure en même temps secret, car, en soi, il reste inconnu, hors d'une matière qui révèle son opération propre. On ne peut ni supporter son éclat ni le contempler face à face, mais son pouvoir s'étend partout, et là où il naît il tire tout à soi, faisant dominer son acte propre. Par cette transmutation, il fait don de soi à quiconque l'approche si peu que ce soit : il régénère les êtres par sa chaleur vivifiante, il les éclaire par ses éclatantes illuminations, mais en soi il demeure pur et sans mélange. Il a le pouvoir de décomposer les corps sans subir lui-même aucune altération. Il agit vivement. Il vit sur les hauteurs, il échappe à toute attraction terrestre, il se meut sans cesse, il se meut lui-même et il meut les autres. Son domaine s'étend partout, mais il ne se laisse enfermer nulle part, il n'a besoin de personne. Il s'accroît insensiblement, manifestant sa grandeur en toute matière qui l'accueille. Il est actif, puissant, partout invisible et présent. Négligé, il semble qu'il n'existe pas. Mais sous l'effet de ce frottement qui est comme une prière, il apparaît brusquement avec toutes ses qualités propres, bientôt on le voit prendre un irrésistible essor et c'est sans rien perdre de soi qu'il se communique joyeusement autour de lui. On trouverait encore plus d'une propriété du feu qui s'applique, comme une similitude sensible, aux opérations de la Théarchie [2]. Les connaisseurs de la sagesse divine le savent bien lorsqu'ils attribuent des figures incandescentes aux essences célestes, révélant ainsi en quoi elles assument la forme et, autant qu'elles le peuvent, la ressemblance de Dieu. » [3]
En conséquence le feu nouveau est symbole de la résurrection du Christ. Il provient en effet « du silex frotté, comme le Christ ressuscité sort du tombeau taillé dans le roc ou du cristal exposé au soleil, comme le Christ communique la lumière divine. » [4]

Cette bénédiction du feu nouveau, suivie par la louange du cierge et de sa lumière est unique dans l’année et donne à la cérémonie un caractère extraordinaire qui semble proprement liée à la solennité pascale ; pourtant, dans les origines, il n’en est rien. Jusqu’au Moyen-Âge, une telle cérémonie avait lieu soit quotidiennement, soit chaque samedi. Les Vêpres étaient alors un office assez long, débutant plus tard qu’aujourd’hui et se prolongeant dans la nuit. Il fallait donc allumer les lumières à cette occasion. On bénissait alors un cierge ou une lampe et on y prenait la lumière. Cette cérémonie était appelée lucernaire, nom que l’on donnait aussi aux Vêpres. Elle existait à Jérusalem selon le récit de la pèlerine Égérie [5], ainsi qu’en Espagne, en Gaule, à Milan, et en Afrique [6]. Il semble bien que ce soit là le thème de la 4e hymne du Cathemerinon de Prudence :
Voir le texte latin...
Auteur de la brillante lumière, bon Maître qui divises les temps par des successions fixes, le soleil s’est plongé dans l’Océan, l’affreux chaos nous envahit, ô Christ! rends la lumière à tes fidèles!
Quoique tu aies décoré les cieux d’astres sans nombre, quoique tu aies donné à la terre la lune pour flambeau, tu nous apprends à frapper un caillou pour en faire jaillir des étincelles, semences de lumière.
Afin que l’homme n’ignore pas qu’il n’a d’autre espérance de lumière que dans le corps immortel du Christ, qui a voulu s’appeler la pierre ferme, d’où sort l’étincelle qui allume nos faibles feux.
[…]
Des lampes sont suspendues à des cordes mobiles, et brillent attachées aux lambris; vacillant au-dessus des flots d’huile qui l’alimentent, la flamme inonde de lumière le verre transparent.
[…]
Il est digne et juste, ô Dieu! que ton troupeau t’offre, au commencement de la nuit humide de rosée, la lumière, le plus précieux de tes dons, la lumière qui nous fait apercevoir tes autres bienfaits.
C’est toi qui es la vraie lumière de nos yeux, la vraie lumière de nos pensées, tu es notre miroir au dedans et notre miroir au dehors, reçois la lumière que je t’offre humblement teinte de l’onction du chrême de paix.
Père souverain, je t’en prie par le Christ ton Fils en qui ta gloire repose visiblement, Notre-Seigneur, ton Fils unique, de qui procède, ainsi que de ton cœur de Père, le Paraclet;
Par qui ta splendeur, ta gloire, ta louange, ta sagesse, ta majesté, ta piété, prolongent éternellement leur règne sous un triple nom, durant les siècles des siècles.
Voir le texte latin...



Le cierge pascal

Au lucernaire, le diacre avait pour fonction de chanter la louange du cierge, la “laus cerei”, fonction qu’il a gardé pour l’Exultet pascal.
Toutefois, à Rome, le lucernaire n’existait pas ; il n’y avait donc pas non plus de cierge pascal. À sa place se déroulait la cérémonie suivante. Le jeudi saint, au moment de None, devant la porte de la basilique, on tirait de la pierre une étincelle, avec laquelle on allumait un cierge fixé à l'extrémité d'un roseau que l’on portait en procession. Quand le cortège arrivait devant l'autel, on allumait sept lampes avec le roseau, et la messe commençait. Une telle procession avait lieu également les vendredi et samedi saints [7].
L’extension du rit romain à l’empire franc et la fusion de certains des éléments de la liturgie gallicane avec le rit romain entraînèrent la suppression du lucernaire quotidien en même temps que son introduction à Rome pour la fête de Pâques. Ainsi la bénédiction du feu et du cierge pascal « constitue une altération de la primitive Eucharistia lucernaris, et, comme telle, elle est tout à fait étrangère à l'antique tradition liturgique du Siège apostolique, au point d'être absente des plus anciens Ordines Romani. Le mérite de l'avoir introduite à Rome revient à cette espèce de compromis entre les usages gallicans et la liturgie romaine qui fut conclu durant la première période carolingienne ; en sorte que le résultat de cette fusion, grâce aux nouveaux dominateurs francs, finit par obtenir droit de cité même dans la Ville aux sept collines. » [8]



Jusqu’aux réformes des années 1950 le prêtre bénissait le feu nouveau par trois oraisons, qui toutes, selon leur signification originelle, se rapportent non pas au feu, mais à la lumière du cierge. Le prêtre bénissait ensuite les grains d’encens par une oraison se rapportant aussi proprement au cierge, une équivoque s’étant glissée à cause du mot incensum qui signifiait ‘allumé’ et non pas ‘encens’. Depuis 1951 cette oraison a justement été restaurée dans sa signification originelle pour la bénédiction du cierge, et l’insertion du mot cereum à la suite d’incensum a levé l’ambiguïté.
À la suite du thuriféraire portant l’encensoir fumant et d’un servant tenant les grains d’encens sur un plateau, s’avançaient le sous-diacre portant la croix de procession, puis le diacre tenant un roseau, à l’extrémité duquel étaient fixés trois cierges (initialement éteints), accompagné du cérémoniaire muni d’un petit cierge allumé au feu bénit (ou bien deux, s’il était prudent). Au cours du trajet de l’entrée de l’église au sanctuaire, le diacre et ses assistants faisaient trois stations : à chacune le cérémoniaire allumait successivement l’un des trois cierges, puis le diacre s’agenouillait avec toute l’assistance en chantant Lumen Christi sur un ton plus élevé à chaque station, à quoi le chœur répondait Deo gratias. Arrivé au chœur, où l’autel était paré en violet, le diacre chantait l’Exsultet devant le cierge pascal, déjà en place et initialement éteint ; au cours du chant il s’arrêtait, à des moments prescrits, pour enfoncer dans le cierge pascal les cinq clous d’encens, puis pour l’allumer avec un des cierges attachés au roseau, après quoi des servants, prenant du feu sur le roseau, allumaient toutes les lampes dans l’église.

Ce cérémonial provenant de la fusion des rites gallican (bénédiction du cierge) et romain (usage du chandelier à trois branches) a été bouleversé par les réformes des années 1950 qui semblent avoir eu pour intention de lui donner comme un caractère attractif, en plaçant l’allumage du cierge à l’extérieur. Le feu ne se trouve pourtant à l’extérieur de l’église que pour des raisons pratiques et il n’est d’aucune manière un feu de joie, du style de ceux de la Saint-Jean. Il n’est donc pas utile qu’il produise de très grandes flammes, ni qu’il soit plus éloigné de la porte que nécessaire (on ne fait pas de procession entre le feu et l’église). Le feu pascal est semblable aux feux domestiques tels qu’ils étaient conservés dans les maisons. La bénédiction et à l’allumage du cierge à l’extérieur sont une innovation qui n’a aucun fondement dans la tradition. Les conditions climatiques rendent parfois difficile l’accomplissement des cérémonies..

La croix ainsi que les chiffres de l’année dont est marqué le cierge sont l’objet de formules qui proclament la royauté et la victoire du Christ. La croix est tracée et les grains d’encens sont imprimés par le prêtre puis le cierge guide la procession dans l’église. L’impression des grains d’encens et l’allumage du cierge par le prêtre est une autre innovation. En effet, l’intime association entre le cierge pascal et le diacre remonte à une époque antérieure à saint Jérôme (qui formulait quelques remarques au sujet des diacres qui prétendaient bénir ce cierge). Historiquement, le cierge pascal ne reçoit aucune bénédiction, tandis qu’il appartient au diacre d’apporter la flamme depuis le feu béni par un prêtre, de chanter l’Exsultet, d’enfoncer dans le cierge les grains d’encens préalablement bénis par un prêtre, et d’allumer le cierge. On ne peut douter que ces fonctions, dévolues au diacre de manière ininterrompue depuis au moins le début du IVème siècle, appartiennent à son ordre.

Le feu pascal étant l’origine de la lumière comme le Christ est principe de la vie des chrétiens ressuscités, les lampes de l’église sont allumées à partir de sa flamme, ce qui suppose que l’église soit auparavant plongée dans l’obscurité ; ce symbolisme disparaît si on n’éteint les lumières que quelques minutes avant la cérémonie. L’usage de la lumière électrique réduit au minimum ce symbolisme qu’il convient toutefois de conserver [9].
À la procession de la lumière suit le chant de l’eucharistia lucernaris par le diacre, appelé communément l’Exultet. « La tradition liturgique voulait que le texte en fût lu sur un rouleau de parchemin, que le diacre déroulait peu à peu du haut de l'ambon. Il était généralement historié, mais les scènes étaient peintes à l'envers du texte pour être vues du peuple à mesure que le lecteur déroulait le volumen. » [10]
On ignore l’auteur de cette magnifique laus. Saint Jérôme, auquel la rédaction finale est attribuée [11], semble en avoir été surtout le censeur : une brève mention des abeilles reste sans suite, manifestant qu’un passage a été rayé, jugé trop ‘bucolique’ et trop inspiré de Virgile. Voici ce passage dans une version attribuée à saint Ambroise :
Voir le texte latin...
« Cependant cette lumière, bien qu’elle soit divisée en parties, n’est aucunement diminuée en se communiquant ; en effet, elle est alimentée par la cire que la mère abeille a produite pour former la substance précieuse de cette lampe ; l’abeille tient le premier rang parmi les animaux soumis à l’homme ; bien que minuscule par la petitesse de son corps, elle porte en son étroite poitrine une immense vigueur, chétive en sa puissance mais forte en son génie ; dès qu’elle perçoit le changement de saison, lorsque les givres de l’hiver ont cessé de blanchir la terre et que les douceurs du printemps ont fait disparaître les glaces, la voici qui s’élance plein de zèle à son ouvrage ; et dispersées par les champs en équilibre sur leurs ailes elles se tiennent les jambes tendues pour sucer les jeunes fleurs et, chargées de leur butin retournent à leur camp ; là d’autres abeilles avec un art inestimable construisent de petites cellules d’une glue tenace ; les unes distillent la liqueur de miel, changent les fleurs en cire, tandis que d’autres de leur bouche forment les enfants nouveau-nés et renferment le nectar exprimé des feuilles ; ô abeille véritablement bienheureuse et admirable, dont la virginité n’est violée, ni ébranlée par la conception, ni la chasteté détruite par l’enfantement ! Tout comme Marie vierge a conçu, vierge a enfanté et vierge est demeurée. »
Voir le texte latin...

Au début de l’Exultet se trouve l’expression exultent divina mysteria qui offre aussi matière à controverse. Littéralement cette expression signifierait ‘que les divins mystères exultent’. Diverses explications et traductions ont été proposées. D’après Christine Mohrmann [12], il faudrait comprendre exultent divina ministeria, ‘qu’exultent les divins serviteurs’, autrement dit ‘que la joie éclate parmi les serviteurs de Dieu’. On constate en effet que le commencement de cette préface comporte trois parties qui se rapportent respectivement aux anges (Exultet iam Angelica turba), à la terre (Gaudeat et tellus) et à l’Église (Laetetur et mater Ecclesia).

Lire la suite de la cérémonie...



[1] Quanto ergo alacrius in hac vigilia, velut matre omnium sanctarum vigilirum, vigilare debemus, in qua totus vigilat mundus ? (Sermon 219)

[2] Denys l'Aréopagite utilise le terme de 'Théarchie' pour désigner les trois personnes divines, qui sont à la fois un seul Dieu et distinctes entre elles.

[3] De caelestia hierarchia 15,2 = PG 329A-329C

[4] Honorius d’Autun, Gemma animae 3,100.

[5] « À la dixième heure (appelée ici lycinon, ce que nous exprimons par ‘illuminer’), tous les fidèles se rassemblent à l’Anastasis ; on allume toutes les lampes et tous les cierges et il se fait une grande illumination. la lumière n’est pas amenée de de l’extérieur mais elle provient de l’intérieur de la grotte, de derrière les cancels, où une lampe brille nuit et jour. Pendant un temps notable on récite alors les psaumes lucernaires ainsi que des antiennes. L’évêque étant avisé, il arrive et monte à son trône, tandis que les prêtres siègent à leurs places ; on chante alors des hymnes et des antiennes. » (Peregrinatio Aetheriae 24)

[6] Saint Augustin y fait allusion dans le De Civitate Dei 15,22.



Inuentor rutili, dux bone, luminis,
Qui certis uicibus tempora diuidis,
Merso sole chaos ingruit horridum,
Lucem redde tuis, christe, fidelibus!
Quamuis innumero sidere regiam
Lunaris que polum lampade pinxeris,
Incussu silicis lumina nos tamen
Monstras saxigeno semine quaerere,
Ne nesciret homo spem sibi luminis
In christi solido corpore conditam,
Qui dici stabilem se uoluit petram,
Nostris igniculis unde genus uenit.
[…]
Pendent mobilibus lumina funibus,
Quae suffixa micant per laquearia,
Et de languidulis fota natatibus
Lucem perspicuo flamma iacit vitro.

[…]

O res digna, deus, quam tibi roscidae
Noctis principio grex tuus offerat,
Lucem qua tribuis nil pretiosius,
Lucem qua reliqua praemia cernimus!
Tu lux uera oculis, lux quoque sensibus,
Intus tu speculum, tu speculum foris;
Lumen quod famulans offero suscipe
Tinctum pacifici chrismatis unguine,
Per christum genitum, summe pater, tuum.
In quo uisibilis stat tibi gloria,
Qui noster dominus, qui tuus unicus
Spirat de patrio corde paraclitum.
Per quem splendor honor laus sapientia
Maiestas bonitas et pietas tua
Regnum continuat numine triplici
Texens perpetuis saecula saeculis.


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[7] Cal Schuster, Liber sacramentorum IV, p.20-21

[8] Cal Schuster, Liber sacramentorum IV, p.62

[9] Les rubriques des années 1950 indiquent l’allumage les lumières (luminaria) au troisième Lumen Christi, mais le missel de 2002 indique seulement les lampades, ce qui suppose la distinction d’avec les lumières électriques. Il n’y a donc pas lieu de refuser l’usage d’un grand nombre d’églises, qui est d’attendre le moment de l’intonation du Gloria pour brancher la lumière électrique, ni la pratique d’autres églises, où la lumière électrique est mise progressivement en service. En revanche, dans le cours de cet Office, qui nous conduit des ténèbres à la lumière, il ne convient à aucun moment d’éteindre ou de réduire la lumière, une fois branchée. L’idéal reste une messe “aux flambeaux”, comme cela se pratique régulièrement en Avent pour la messe Rorate dans les pays germanophones.

[10] Cal Schuster, Liber sacramentorum IV, p.67

[11] DACL 13,1570

Texte latin de l'incise supprimée dans l'Exultet :

Qui licet diuisus in partes, mutuati luminis detrimenta non nouit; alitur liquentibus caereis quas in substantiam praeciosae huius lampadis apis mater eduxit; apes ceteris quae subiecta sunt homini animantibus antecellet; cum sit minima corporis paruitate, ingentes animos angusto uersat in pectore, uiribus inbecillis, sed fortis ingenio ; haec explorata temporum uice, cum caniciem pruinosa hiberna posuerint et glatiali senio uerni temporis moderata deterserint, statim prodeundi ad laborem cura succedit ; dispersaeque per agros libratis paululum pennis cruribus suspensis insidunt, parte ore legere flosculos oneratis uictualibus suis ad castra remean t; ibique aliae inaestimabili arte cellolas tenaci glutino instruunt, aliae liquentiae mella stipant, aliae uertunt flores in ceram, aliae ore natos fingunt, aliae collectum e foliis nectar includunt ; o uere beata et mirabilis apis, cuius nec sexsum masculi uiolant, foetus non quassat, nec filii distruunt castitatem ! Sicut sancta concepit uirgo Maria, uirgo peperit, et uirgo permansit.
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Ce texte est bourré de réminiscences poétiques : en particulier cf. Ciceron, De officiis I,51 ; Virgile, Georgica IV passim, Enéide I,432-433

[12] Études sur le latin des chrétiens, p.223