« Considérons comment il nous faut être en présence de la Divinité et de ses Anges, et quand nous nous tenons debout pour psalmodier, faisons en sorte que notre esprit concorde avec notre voix. »

Translatio

14 avril 2017

Extrait de la Peregrinatio Aetheriae

Extrait de la Peregrinatio Aetheriae, où Égérie raconte le déroulement des cérémonie du Vendredi Saint à Jérusalem au IVe siècle.
Lire notre article sur la liturgie du Vendredi Saint.


1. […] On place le siège de l’évêque au Golgotha derrière la Croix qui s’y trouve ; l’évêque s’assied ; on place devant lui une table revêtu d’une nappe ; les diacres se tiennent tout autour et on apporte un coffret d’argent doré dans lequel se trouve le bois de la sainte Croix ; il est ouvert et posé sur la table, aussi bien le bois lui-même que le titre.

2. L’évêque toujours assis saisit de ses mains les extrémités du saint bois, tandis que les diacres montent la garde. Ce saint bois est gardé ainsi parce qu’il est de coutume que tous les fidèles viennent, un par un, tant les baptisés que les catéchumènes, s’inclinent devant la table, baisent le saint bois et se retirent. Et parce qu’on dit qu’une fois quelqu’un mordit le saint bois et en déroba une partie, il est gardé ainsi par les diacres qui se tiennent autour, de peur qu’une chose semblable ne se reproduise.

3. Ainsi tous les fidèles passent un par un, s’inclinent tout d’abord du front, touchent des yeux la Croix et le titre, la baisent et se retirent, mais personne n’ose la toucher de la main. […] Tout le peuple circule jusqu’à la sixième heure, entrant par une porte et sortant par une autre, parce que cela se fait dans le lieu où la veille, c'est-à-dire jeudi, l’oblation a été faite.

4. À la sixième heure on se rend devant la Croix, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau temps, car ce lieu est en plein air ; c’est un grand et bel espace entre la Croix et l’Anastasis. Là tout le peuple se rassemble de sorte qu’on ne peut même pas ouvrir.

5. On place un siège pour l’évêque devant la Croix, et de sexte à none on fait les lectures suivantes, tirées - des psaumes qui traitent de la passion ; des épîtres et des actes des apôtres, partout où il est question de la passion, ainsi que des évangiles les lieux où ils racontent la passion ; de même on lit des prophètes, là où ils prédisent la passion du Seigneur ; on lit aussi des évangiles, où il est question de la passion.

6. Et ainsi, de la sixième à la neuvième heure, on lit des leçons ou on chante des hymnes, pour montrer au peuple, tant au témoignage des évangiles que par les écrits des apôtres, que tout ce que les prophètes ont prédit de la passion du Seigneur s’est réalisé. Pendant ces trois heures on enseigne au peuple que rien n’a eu lieu qui n’ait été prédit, et rien n’a été prédit, qui ne se soit totalement accompli. On interpose toujours des oraisons en rapport avec ce jour.

7. Admirables sont l’affection et les gémissements du peuple à chaque lecture et oraison ; il n’est personne, petit ou grand, qui ne déplore immensément en ces trois heures que le Seigneur ait souffert pour nous sa passion. Après cela, à la neuvième heure on lit le passage de la passion selon saint Jean, où le Christ rend l’esprit ; après quoi on dit une oraison et c’est le renvoi.